Relations Communauté

Assainissement de la pollution radioactive sur les terrains de
Umicore à Olen et dans les environs immédiats

Point de vue commun de l'AFCN et de l'ONDRAF
concernant les aspects radiologiques

Section A - Section B.1 - Section B.2 - Section B.3 - Annexe technique 1 - Références

Novembre 2001


Section A - Approche générale

  • Des pollutions sont constatées en plusieurs endroits:

    • sur les terrains (détenus en propriété) de UMICORE

    • en dehors des terrains de UMICORE.

  • Ce document ne concerne que les aspects strictement radiologiques de l'assainissement. On ne saurait toutefois négliger que les aspects non-radiologiques, relevant de la compétence des autorités régionales, doivent également être traités en parallèle.
    La présence de substances radioactives sur les terrains de UMICORE à Olen et dans les environs immédiats desdits terrains résulte pour une bonne part des activités industrielles du passé (1922 - 1980), parmi lesquelles la production de radium faisait figure d'activité dominante.
    Les principaux radionucléides polluants sont dès lors le radium 226 (avec une demi-vie de 1.600 ans) et les isotopes associés, avec pour corollaire que la décroissance radioactive n'entraînera pas une réduction significative de l'activité présente à l'horizon de quelques centaines d'années. Il s'agit là, bien entendu, d'un élément clé pour la définition de solutions techniques qui, à court, moyen et long termes, doivent offrir la sûreté radiologique voulue.

  • Les substances radioactives présentes se trouvent sous différentes formes et en divers lieux. Les endroits pollués peuvent être regroupés en trois dossiers:

    Dossier 1:
    les substances radioactives de la décharge D1, située en dehors du terrain industriel de UMICORE, et la quantité de radioactivité diffuse en dehors dudit terrain, désignée sous le nom de pollution environnante (Bankloop, rues,…);

    Dossier 2:
    les substances radioactives présentes sur le site d'entreposage du radium (bunkers), situé sur le terrain de l'usine;

    Dossier 3:
    la quantité de radioactivité diffuse sur le terrain de l'usine (décharge I ou "montagne brune", notamment).

  • L'objectif est de procéder à un assainissement de tous les endroits pollués, conformément à des critères fixés ou à fixer. Il convient donc d'appliquer ici les principes généraux de la protection contre les radiations ionisantes.

  • L'assainissement global des endroits pollués (situés ou non sur les terrains de UMICORE), consiste en plusieurs projets partiels assortis de priorités définies en concertation, sans que l'on puisse toutefois perdre de vue la problématique globale de l'assainissement et les solutions techniques qui en découlent pour les déchets résultants. Ce dernier point s'avère, entre autres, essentiel pour la conception et le dimensionnement (réalisation technique et acceptabilité sociale) des installations d'entreposage et de dépôt, et donc aussi pour les évaluations d'impact. Aucun des dossiers partiels ne pourra cependant hypothéquer les plannings déjà établis.
    L'approche générale de l'assainissement, qui fait l'objet de ce document, concerne donc ces trois dossiers et toutes leurs implications réciproques.

  • Pour chacun de ces trois dossiers, c'est l'autorité compétente (l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire, AFCN) qui déterminera dans quelle mesure une opération pourra ou non être autorisée, dans quelle mesure une intervention ou un assainissement est indispensable, et jusqu'à quel niveau cet assainissement doit être réalisé.
    L'Organisme National des Déchets Radioactifs et des Matières Fissiles Enrichies (ONDRAF) assurera pour sa part la gestion à long terme des déchets radioactifs issus de l'assainissement. Lors du transfert de ces substances, les moyens financiers requis à cet effet devront être mis à la disposition de l'ONDRAF.

  • Dans la perspective d'une gestion sûre et efficace, il conviendra de veiller à ce que le nombre de sites d'entreposage et de dépôt final nouvellement créés soit limité au minimum, en harmonisant au mieux les projets d'assainissement des divers endroits pollués.

  • En termes d'impact, les conditions auxquelles ces sites d'entreposage et de dépôt final devront répondre découlent tant de considérations radiologiques que non-radiologiques, dans une perspective de court, moyen et long termes.

  • Le choix définitif du lieu d'implantation dépendra de divers facteurs tels que l'acceptation socio-économique, la faisabilité technique, ainsi que l'impact radiologique et non-radiologique associés à la conception et à l'implantation envisagée.

  • Avant d'en venir à des décisions concrètes concernant l'assainissement ou les solutions techniques relatives à l'entreposage ou au dépôt final des substances radioactives présentes, deux éléments d'information essentiels sont requis. Le premier est l'inventaire des pollutions (radiologiques et non-radiologiques).
    Le deuxième élément comprend notamment une évaluation exploratoire des risques (impact radiologique et non-radiologique sur l'homme et l'environnement), associés aux options d'assainissement envisagées.
    C'est seulement lorsque toutes les informations nécessaires seront disponibles qu'une décision pourra être prise concernant la mise en œuvre concrète du projet d'assainissement.

  • La stratégie à suivre s'articule dès lors comme suit:

    • établissement d'un inventaire (radiologique et non-radiologique; quantités, concentrations,...);

    • détermination des options d'assainissement, en ce compris les installations techniques nécessaires pour l'assainissement, l'entreposage ou la mise en dépôt des déchets issus de l'assainissement, une mise en dépôt final de déchets non conditionnés n'étant pas exclue;

    • sélection d'une option, en tenant compte de l'impact radiologique et non-radiologique, des facteurs socio-économiques, de la faisabilité technique et de la sûreté juridique requise;

    • élaboration et approbation du projet d'assainissement, en ce compris les mesures nécessaires en cours d'assainissement pour s'assurer qu'il est satisfait aux critères fixés pour l'assainissement proprement dit, ainsi que pour les installations d'entreposage et de dépôt final;

    • aspects liés aux autorisations;

    • assainissement proprement dit;

    • surveillance et contrôle.

  • Les principes généraux d'assainissement décrits plus haut doivent être inscrits dans les dossiers de demande d'autorisations (évaluations d'impact incluses) à introduire auprès des autorités compétentes par toutes les entités redevables de l'assainissement.

  • Toutes les parties directement concernées devront se concerter et marquer leur accord sur la stratégie à suivre. Elles s'acquitteront des tâches y afférentes de manière cohérente et dans le respect du planning fixé.

  • Il est recommandé, pour chapeauter les projets d'assainissement, de créer une structure de concertation appropriée, impliquant les autorités et la population locales.

  • la SECTION B.1 aborde plus en détail les éléments concernant spécifiquement l'assainissement de la décharge D1 et de la pollution environnante (DOSSIER 1).

  • La SECTION B.2 et B.3 s'intéresse de manière plus détaillée aux éléments spécifiques des DOSSIER 2 et 3.

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SECTION B.1
Assainissement de la décharge D1 de UMICORE et
de la pollution environnante (Bankloop, rues) - DOSSIER 1

INTRODUCTION

À partir des études réalisées pour le compte de l'Union Minière (aujourd'hui UMICORE) et le Service de Protection contre les Radiations Ionisantes (SPRI, aujourd'hui AFCN) [référence 1,2,3,4,5,6,7 ], l'AFCN (Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire) et l'ONDRAF (Organisme National des Déchets Radioactifs et des Matières Fissiles Enrichies) se sont penchés sur la problématique de l'assainissement de la décharge D1, ainsi que du Bankloop et de quelques rues. L'unanimité s'est faite quant aux principes de base devant être appliqués en la matière.

DONNÉES DE BASE

  1. Les pollutions radioactives dont il est question dans ce dossier sont entièrement localisées en dehors du terrain industriel de UMICORE à Olen.

  2. La décharge D1 n'a pas été officiellement autorisée dans le cadre de la réglementation en matière de protection contre les radiations ionisantes.

  3. L'autorité compétente a mis UMICORE en demeure de procéder à un assainissement de la situation existante (lettre du Service de Protection contre les Radiations Ionisantes à UMICORE en date du 10 mai 2000), avec les particularités suivantes:

    • UMICORE est mise en demeure d'assainir la décharge D1, dans le cadre d'une approche globale de la pollution environnante (Bankloop, rues).

    • Dans sa lettre, l'autorité compétente indique que, conformément à l'avis du comité d'accompagnement (réunion du 26 avril 2000), une solution d'assainissement partant des options de base du scénario d'assainissement IV semble la plus appropriée. Ce scénario IV envisage le déplacement intégral des substances polluées vers un terrain limitrophe, avec réalisation d'un nouveau site de dépôt final.

    • L'autorité compétente expose que la nouvelle installation de dépôt final sera un site de classe I, à réaliser dans le cadre d'un assainissement global, caractérisé par l'autorité compétente comme une intervention, au sens de la terminologie de la CIPR.

    • Dans ledit courrier, l'ONDRAF est mentionné comme "(...) l'institution qui devra assurer la gestion du site de dépôt final" et il y est encore dit plus loin que: " de préférence, le scénario d'assainissement et la demande d'autorisation correspondante seront d'emblée formulés en concertation avec l'ONDRAF."

  4. À l'occasion de l'assainissement de la décharge D1 proprement dite, on évacuera également les déchets issus de l'assainissement du Bankloop et de quelques rues.

  5. La décharge D1 est, pour l'essentiel, située sur des terrains appartenant à UMICORE, une petite partie étant par ailleurs sise sur des terrains appartenant à la Région flamande (Service de la Navigation). Cette dernière partie sera aussi entièrement assainie, et tous les déchets (radioactifs) seront regroupés sur les terrains d'un seul propriétaire.

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OBJECTIFS ET POINTS DE DÉPART

  1. L'assainissement doit être considéré comme une intervention, au sens de la Publication N° 60 (1990) de la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique). Cette définition postule que la réduction des risques de santé publique doit être optimalisée, en tenant compte des facteurs économiques et sociaux. Les expositions potentielles à plus long terme (impact radiologique et probabilité d'occurrence) doivent également être prises en compte.

  2. Étant donné que les pollutions radioactives concernent presque exclusivement des radionucléides de longue durée de vie (principalement du radium 226 ayant une demi-vie de 1.600 ans), il est pratiquement impossible d'adopter les concepts d'une installation de dépôt final en surface pour déchets de faible activité et de courte durée de vie (déchets de catégorie A), à laquelle correspond une période de contrôle institutionnel d'environ 200 à 300 ans, pendant laquelle le risque radiologique se réduit par décroissance naturelle jusqu'à atteindre un niveau négligeable. L'assainissement de la décharge D1 et des environs immédiats devra donc déboucher sur une mise en dépôt final en surface de déchets de très faible activité et de longue durée de vie, entraînant d'emblée un danger radiologique suffisamment faible. À plus long terme, il faudra s'attacher à l'instauration d'un contrôle institutionnel permanent et passif, incluant la détermination de l'affectation des sols. Et seuls des déchets de très faible activité pourront être acceptés dans le site de dépôt final à créer, dans la mesure où la protection doit rester assurée, même en cas de défaillance à terme de ce contrôle institutionnel passif.

  3. En n'acceptant que des déchets de très faible activité dans ce type de mise en dépôt final et partant, en y limitant très fortement l'activité (en Bq) et la concentration d'activité (en Bq/g), on peut envisager de tendre vers une situation après assainissement qui requerra certes un contrôle institutionnel mais pas de surveillance radiologique. En fonction des scénarios d'exposition pris en considération dans les évaluations de sûreté, tant l'activité totale que la concentration d'activité sont en effet déterminantes pour l'impact radiologique visé.

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CHOIX D'UN SCÉNARIO D'ASSAINISSEMENT

  1. L'Union Minière (aujourd'hui UMICORE) a étudié plusieurs scénarios pour l'assainissement de la décharge et procédé à une estimation du coût de revient [2]. Pour le compte de l'Union Minière (aujourd'hui UMICORE), le SCK-CEN a étudié l'impact radiologique de ces scénarios [6].

  2. Pour le groupe de travail technique du comité d'accompagnement, une solution d'assainissement partant des options de base du scénario IV a semblé la plus appropriée. Dans ce scénario, les substances radioactives issues de l'assainissement de la décharge D1 et de la pollution environnante seront déplacées vers un nouveau site de dépôt final à créer sur un terrain limitrophe, appartenant lui aussi à UMICORE. L'AFCN et l'ONDRAF estiment que lors de l'assainissement, les substances devront être scindées en deux fractions. L' Annexe technique 1 fournit des valeurs indicatives pour les niveaux d'activité permettant de distinguer ces deux fractions. Comme leur nom l'indique, ces valeurs sont purement indicatives, et subsidiaires à toutes les évaluations de sûreté à réaliser dans le futur, dans le but d'obtenir les autorisations requises pour l'assainissement et le nouveau site de dépôt final à mettre en oeuvre.

    La première fraction est celle qui pourra être admise dans le nouveau site de dépôt final à créer. La deuxième fraction ("hot spots") correspond à des matériaux contenant une trop forte radioactivité. Cette fraction devra être évacuée lors de l'assainissement, pour traitement et conditionnement, et/ou entreposage dans une autre installation de dépôt final appropriée. Avant que cela ne puisse se faire, il est envisageable de créer tout d'abord pour ces substances une installation d'entreposage provisoire sur les terrains de UMICORE. Cette installation devra alors faire partie du projet d'assainissement introduit.

    La scission en deux fractions, et en particulier l'évacuation de la deuxième fraction (faible volume, haute activité) conduira à une répartition plus uniforme de l'activité sur le site de dépôt final, de sorte que les estimations de l'impact radiologique pourront s'approcher davantage de la réalité. En outre, l'évacuation de la deuxième fraction réduira les risques radiologiques en cas d'intrusion (le scénario d'exposition le plus pénalisant). Les calculs d'impact dosimétrique [6, 7] ont en effet montré qu'en cas d'intrusion, le paramètre significatif est la concentration de l'activité dans les déchets. Pour ces calculs, on est parti de l'idée que l'activité se répartissait de manière relativement uniforme dans les déchets. Or, les données de mesures obtenues par le SCK-CEN montrent toutefois qu'actuellement, le radium 226 n'y est pas réparti de façon homogène.

  3. La répartition en fractions constitue donc un élément essentiel de la sécurité radiologique à court et long termes du nouveau site de dépôt final à créer, et elle requiert que les mesures de caractérisation requises (mesures opérationnelles et d'inventorisation) soient exécutées lors de l'assainissement. Les opérations d'assainissement proprement dites impliquent quant à elles que les mesures voulues soient réalisées pour constater les niveaux d'assainissement et pour assurer la protection des travailleurs et des riverains pendant les travaux.

  4. Les valeurs indicatives (voir Annexe technique 1), sont également conditionnées par les procédures et les techniques de mesure mises en oeuvre pour contrôler l'adéquation avec les valeurs nominales proposées, et il convient notamment, en l'occurrence, de tenir compte d'un rayonnement de fond accru. Afin de minimaliser la charge radiologique des travailleurs, on tendra vers une automatisation des mesures. Et le déplacement des déchets, pour les seuls besoins des mesures, ne se justifiera pas.

  5. La faisabilité des valeurs indicatives proposées doit donc être vérifiée au niveau pratique et au plan des techniques de mesure. Il n'est par conséquent pas exclu que dans la phase initiale du projet d'assainissement, et au gré de la disponibilité des données concernant les volumes et la composition radiologique, ces valeurs indicatives puissent être modifiées, sans s'écarter toutefois du principe que, pour l'ensemble du site de dépôt final, la concentration radioactive moyenne ne pourra en aucun cas excéder la valeur issue des évaluations de sûreté.

  6. Sur base des études et des évaluations de sûreté déjà réalisées, il y a fort à parier que la réalisation d'un tel assainissement et d'un tel site de dépôt final conduiront à une situation ne réclamant aucune surveillance radiologique ultérieure.

  7. L'évaluation d'impact initiale montre qu'un site de dépôt final de la fraction 1 (radioactivité moyenne: 10 Bq/g) peut effectivement être envisagé sur les terrains de UMICORE.

  8. Le site de dépôt final de déchets de très faible activité, dûment autorisé et finalisé, sera transféré à l'ONDRAF, qui en assurera la gestion à long terme. Les principaux piliers de cette gestion seront une vérification de la qualité du site de dépôt final pendant une période déterminée (quelques dizaines d'années) et la formulation d'impératifs concernant l'affectation du sol, en vue d'exclure toutes activités d'habitation et de construction sur le site. Lors du transfert, les moyens financiers requis devront être mis à la disposition de l'ONDRAF.

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ASPECTS RÉGLEMENTAIRES

  1. Les travaux d'assainissement (tri et déplacement) doivent être considérés comme une intervention au sens des recommandations formulées en 1990 par la CIPR. Ces travaux donneront lieu à l'exposition de travailleurs et, dans une moindre mesure, de la population en général. Le système de contrôle radiologique, tel que proposé par la CIPR, devra par conséquent être mis en oeuvre dans le cadre de ces travaux.

  2. Les évaluations de sûreté réalisées par le SCK-CEN montrent que l'exposition la plus importante intervient en cas d'intrusion sur le site de dépôt final. Il est dont souhaitable que des dispositions soient prises pour réduire autant que possible cette éventualité.
    On pense en premier lieu à une période de contrôle institutionnel actif, suivie d'un contrôle institutionnel passif permanent. Un aménagement du plan régional, précisant qu'aucune bâtisse ne pourra être érigée sur ces terrains, pourrait constituer un élément important à cet égard. Cette question relève de la compétence de la Région flamande.

CONCLUSIONS

  1. Le point de départ retenu est que la décharge D1, telle qu'elle existe aujourd'hui, fera l'objet d'un assainissement et que lors des travaux d'assainissement, les "hot spots" (fraction 2) seront évacués. Quelle que soit la proposition d'assainissement définitive, on ne saurait perdre de vue les finalités et modalités suivantes:

    • l'assainissement doit se justifier d'un point de vue socio-économique (cost to benefit);

    • il doit être réalisable d'un point de vue pratique;

    • les expositions radiologiques résultantes doivent être justifiées et optimalisées;

    • la pollution non-radiologique doit être assainie correctement (cela n'entre pas dans l'objet du présent document).

      Le principe ASARA / ALARA (As Safe / Low as Reasonably Achievable) est donc pris en compte. L'assainissement devra consister en un enchaînement d'actions bien pensé et planifié, tenant compte aussi bien des risques industriels que des dangers radiologiques. L'exposition des travailleurs aux agents chimiques, physiques et radiologiques devra être aussi faible que possible.

  2. Le scénario d'assainissement IV, prenant en compte l'optimalisation de la protection lors de l'intervention, et prévoyant l'évacuation de la fraction présentant des concentrations d'activité inacceptables (fraction 2), paraît la solution technique la plus appropriée.

  3. Au plan juridique, il faudra, dans le cadre ou non de la réglementation actuelle, élaborer à terme les moyens réglementaires qui s'avèrent nécessaires pour permettre la réalisation de tels travaux d'assainissement.

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Annexe technique 1:

Valeurs indicatives pour le fractionnement des déchets lors de l'assainissement de la décharge D1 et des environs immédiats

Remarque préalable:
Les niveaux d'activité mentionnés dans ce document pour le fractionnement des déchets lors de l'assainissement de la décharge D1 et des environs immédiats sont purement indicatifs. Dans une phase ultérieure du projet d'assainissement, et plus spécifiquement en vue de l'obtention des autorisations requises, ils devront être remplacés par des niveaux obtenus au terme d'une évaluation de sûreté radiologique portant sur l'assainissement proprement dit et le nouveau site de dépôt final à créer. Ces niveaux dérivés correspondront spécifiquement au site de mise en dépôt et au type de dépôt final (installation de dépôt) considérés.
Les niveaux d'activité indiqués ci-après se fondent sur les considérations suivantes:

  • les concentrations d'activité maximales en émetteurs alpha de longue durée de vie dans les déchets de faible activité et de courte durée de vie (déchets de catégorie A), telles que recommandées par l'Agence Internationale de l'Energie Atomique de Vienne (IAEA Safety Series No. 111-G-1.1, Vienne, 1994) et par la Commission européenne (1999/669/EG, Euratom) sont de:

    • 400 Bq/g en moyenne pour l'ensemble du site de dépôt final;

    • 4.000 Bq/g pour chacun des colis de déchets entreposés.

      Dans le cas d'un mise en dépôt final en surface de déchets de catégorie A, l'activité 'alpha' de longue durée de vie survivra à une période de contrôle institutionnel de 200 à 300 ans.

  • les évaluations de sûreté déjà réalisées par le SCK-CEN [6, 7] pour une mise en dépôt final des substances issues de l'assainissement de la décharge D1 (en supposant une concentration d'activité moyenne du radium 226 comprise entre 7 et 11 Bq/g, et un impact radiologique négligeable associé à la présence éventuelle d'autres radionucléides que le radium 226 et apparentés) montrent qu'un impact radiologique significatif n'est guère concevable qu'en cas d'intrusion (construction sur le site de dépôt final). L'impact radiologique consécutif à la migration de radium 226 vers les eaux souterraines s'avère pour sa part négligeable.

  • partant de l'étude préliminaire réalisée par le SCK-CEN [3], il apparaît que, sur base des analyses d'un certain nombre d'échantillons de forage (coupe verticale), on peut déduire pour les déchets D1 une concentration d'activité moyenne liée au radium 226 d'environ 10 Bq/g, soit, en d'autres termes, moins que les 40 Bq/g fixés pour le site de dépôt final et représentant un dixième du niveau d'activité moyen retenu pour la mise en dépôt en surface de déchets de faible activité et de courte durée de vie (catégorie A). Comme dans le cas des niveaux d'activité valant pour l'entreposage en surface de déchets de faible activité et de courte durée de vie, une concentration d'activité dix fois plus importante, à savoir 400 Bq/g, pourra ici aussi être acceptée pour des quantités limitées.
    Les valeurs indicatives suivantes sont proposées sur base des considérations qui précèdent.

Fraction 1

Pour l'ensemble du site de dépôt final, la concentration d'activité moyenne du radium 226 dans cette fraction est inférieure à 40 Bq/g. Par unité opérationnelle (ordre de grandeur de 1 à 10 m3), des concentrations d'activité jusque 400 Bq/g pourront être acceptées, pour autant que la fraction 2 (voir plus loin) ait été correctement identifiée et évacuée.

Fraction 2

La concentration d'activité du radium 226 dans cette fraction est très sensiblement supérieure à 400 Bq/g par objet clairement identifiable (par exemple, pierre, toile filtrante, source,…).

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SECTION B.2
Le site d'entreposage du radium sur
le terrain industriel de UMICORE (bunkers) - DOSSIER 2

  • Ce site de stockage, réalisé par UMICORE dans les années quatre-vingt et autorisé comme installation de classe II (site d'entreposage provisoire), contient les substances radioactives présentant les plus hautes concentrations d'activité et provenant de la période de production sur le site d'Olen.

  • Conformément à l'A.R. no N0135 de juin 1995, UMICORE étudie les mesures de gestion qui seront nécessaires à l'avenir en rapport avec ce site de stockage. Les résultats de cette étude doivent, en même temps que l'avis de l'ONDRAF, être soumis par UMICORE à l'autorité compétente pour approbation.

  • En termes d'activité, l'inventaire du radium 226 dans le site d'entreposage du radium fait apparaître les composantes importantes suivantes:

    (1) la présence d'aiguilles de radium encapsulées (environ 200 g de Ra 226);
    (2) la présence de tailings (2.000 tonnes dont, au total, environ 700 g de Ra 226) présentant des concentrations d'activité Ra 226 jusqu'à environ 30.000 Bq/g.
    (3) la présence de résidus contenant du radium (14.000 tonnes dont, au total, 110 g de Ra 226) présentant des activités Ra 226 jusqu'à environ 7.500 Bq/g.
    (4) la présence de 60.000 tonnes de terres et de matériaux de démolition contaminés, présentant une radioactivité moyenne d'environ 15 Bq/g.

    Les tailings et les résidus de traitement de minerais contiennent en outre d'importantes quantités d'uranium naturel (+/- 14 tonnes).

  • Vu l'activité relativement élevée des composantes (1) et (2) liée au radium 226, le concept de l'entreposage en surface conformément aux recommandations actuelles de l'Union européenne et de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (IAEA) n'est pas applicable pour le site d'entreposage du radium. Ces recommandations prescrivent en effet que l'activité alpha de longue durée dans les déchets de faible activité et de courte durée de vie (déchets de catégorie A) doit être limitée à 400 Bq/g maximum pour l'ensemble de l'installation d'entreposage en surface et à 4000 Bq/g maximum par unité à entreposer (ordre de grandeur 1 m³).

  • La durée pendant laquelle l'installation actuelle pourra assurer une protection suffisante, compte tenu de la surveillance radiologique requise, est actuellement évaluée dans le cadre des analyses d'impact radiologique et non-radiologique que UMICORE fait réaliser conformément à l'A.R. no N0135. On peut toutefois considérer raisonnablement que, sur base de la qualité des barrières techniques mises en place, l'installation actuelle est à même d'assurer une sûreté et une protection suffisantes pendant de nombreuses décennies.

  • Si la sécurité à court et moyen termes semble donc assurée, la question se pose cependant de la sécurité à plus long terme. Deux options peuvent être ici considérées.
  1. Maintien de l'entreposage sur place: dans ce cas, la sécurité à long terme dépendra constamment du contrôle et de la surveillance radiologiques sur le site, ce qui implique que l'absence de surveillance radiologique devra être évitée de toutes les manières possibles. S'en remettre ainsi à une gestion active est toutefois perçu, généralement et internationalement, comme un élément de fragilisation dans une optique de sûreté à long terme.

  2. Intervention avec création d'un nouveau site de dépôt final: dans ce cas, les déchets dont la radioactivité est considérée trop élevée pour une mise en dépôt en surface (en l'occurrence, les aiguilles et les tailings) seront évacués, en sorte que les éléments restants présentent une radioactivité suffisamment faible pour permettre l'adoption du concept de mise en dépôt final en surface de déchets alpha de très faible activité et de longue durée de vie. Seul un inventaire correct permettra de connaître précisément les quantités concernées.

Il va sans dire que lors de telles interventions, le bénéfice éventuel en termes de protection devra être confronté à tous les facteurs socio-économiques entrant en ligne de compte. Les diverses interventions envisageables doivent aujourd'hui être étudiées et chiffrées en tant que possibles mesures de gestion futures.
En cas de transfert à l'ONDRAF du site de stockage du radium autorisé par l'A.R. no N0135, l'ONDRAF devra pouvoir disposer de garanties financières suffisantes pour assurer une surveillance radiologique durable et pour couvrir raisonnablement le risque résiduel (vices cachés, réparations futures, intervention subséquente éventuelle, …).

SECTION B.3
La pollution diffuse sur le terrain industriel de UMICORE (en ce compris la décharge I) - DOSSIER 3

  • D'une part, il existe encore un certain nombre de pollutions radioactives connues sur le terrain industriel de UMICORE à Olen (par exemple, l'ancienne décharge I et des pollutions diffuses connues sur le terrain) et d'autre part, de nouvelles pollutions radioactives sont encore susceptibles d'apparaître, par exemple lors de travaux de démolition ou de terrassement.

  • UMICORE entend aussi assainir ces pollutions à l'avenir.

  • Dans un premier temps, UMICORE doit s'efforcer d'établir un inventaire aussi précis que possible des pollutions (radiologiques et non-radiologiques).

  • Pour l'assainissement de l'ancienne décharge I et des terrains, on peut envisager l'adoption des mêmes principes que pour l'assainissement de la décharge D1 et de la pollution environnante. Cela signifie que les matériaux considérés seraient répartis en deux fractions. Une première fraction de "déchets de très faible activité (et de longue durée de vie) " qui pourrait être entreposée dans un type de dépôt final analogue à celui du DOSSIER 1, et pour lequel, à long terme, aucune surveillance radiologique ultérieure ne devrait être envisagée (voir DOSSIER 1). Tous les déchets alpha de très faible activité et de longue durée de vie (DOSSIERS 1 et 3) seraient de préférence regroupés dans un seul site de dépôt final. Une deuxième fraction, présentant une radioactivité trop élevée (par rapport à la fraction 1) devrait, lors de l'assainissement, être évacuée pour stockage, traitement et conditionnement, et/ou mise en dépôt final dans un autre site approprié. Avant cela, on pourrait envisager de créer tout d'abord pour ces matériaux une installation d'entreposage provisoire sur les terrains de UMICORE. Cette installation de stockage devrait alors faire partie du projet d'assainissement introduit. Ici aussi, il conviendrait de tendre vers une seule installation de dépôt pour les DOSSIERS 1 et 3.

  • À terme, le transfert à l'ONDRAF des déchets radioactifs ou de l'installation de dépôt final autorisée devra intervenir suivant les principes garantissant le financement de leur gestion à long terme, tels que déjà mentionnés dans le DOSSIER 1 et 2 .

RÉFÉRENCES

  1. Ministère de la Santé et de l'Environnement, Service de Protection contre les Radiations Ionisantes. Étude de la diffusion du radium 226 dans l'environnement à Sint-Jozef-Olen et environs et charge dosimétrique en découlant pour la population. Mars 1993.

  2. HAECON. Assainissement de la décharge V (D1). Étude de faisabilité de diverses formules d'assainissement. Référence OUS1461-00008. Juillet 1995.

  3. SCKoCEN. Inventaire de la contamination par le radium (Ra 226) de la décharge D1. Mars 1994.

  4. SCKoCEN, VITO. Caractérisation chimique et radiologique des couches géologiques du Bankloop à Sint-Jozef-Olen. Décembre 1994.

  5. SCKoCEN, VITO. Caractérisation chimique et radiologique des couches géologiques du Bankloop à Sint-Jozef-Olen. Partie II. Décembre 1995.

  6. SCKoCEN. Étude d'impact radiologique de la décharge D1. Rapport SCK-CEN R-3098. Février 1996.

  7. SCKoCEN. Assainissement de la contamination environnementale par le radium 226 à Olen et Geel. Rapport SCK-CEN R-3179. Juin 1997.

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