LA PROBLÉMATIQUE DE LA RADIOACTIVITÉ
1. CONTEXTE HISTORIQUE
Le radium a été découvert en 1898 par Marie Curie.
En 1902, le radium est pour la première fois extrait à l'état pur à l'échelle industrielle.
En 1922, la production de radium à partir de minerais provenant de Shinkolobwe / Katanga (Congo belge) démarre à Olen, avec une capacité de 3 grammes/mois.
Le "Radium belge" a contribué dans une large mesure à la lutte contre le cancer. L'augmentation de la production à Olen en permit une baisse de prix très sensible (de 120 USD à 70 USD par milligramme de radium pur), autorisant davantage de personnes à y recourir pour guérir de leur maladie.
Après la deuxième guerre mondiale, on produisit surtout à Olen de l'oxyde d'uranium destiné aux barres de combustible pour les centrales nucléaires.
Toute activité de production fut stoppée à Olen durant la période 1977 - 1980.
2. CONSÉQUENCES
Ces activités de production ont laissé des traces, tant sur le terrain industriel qu'à l'extérieur.
Sur le terrain industriel, qui a été pollué en divers endroits par les anciennes activités, on trouve:
- les produits finis non vendus, entreposés
- des produits résiduels issus des matières premières et des processus de production
- des matériaux contaminés
- des terres contaminées qui ont été déplacées.
La pollution diffuse a surtout été occasionnée par le déversement de boues du ruisseau d'évacuation sur ses rives.
Des matériaux contaminées ont en outre été déversés parmi de grandes quantités de déchets de production normaux.
Une situation analogue s'est produite en dehors du terrain de l'usine (décharge D1 et Bankloop).
Il en résulte 3 dossiers techniques distincts, à savoir UMTRAP, BRAEM et SIM (voir plus loin pour plus de détails).
3. DÉMANTÈLEMENT ET STOCKAGE SUR LE TERRAIN INDUSTRIEL
Les installations de production du radium et de l'uranium ont été, durant la période 1979 - 1983, démantelées et démolies (radium) ou décontaminées en vue de leur réaffectation (uranium).
Tous les déchets issus de ces opérations ont été évacués.
Le terrain a aussi été partiellement assaini en sorte que les activités de production normales puissent se poursuivre.
Le site comportant des déchets de production et des matériaux provenant d'un assainissement du sol a lui aussi été assaini durant la période 1984 - 1986 en vue d'assurer une protection des hommes et de l'environnement, durable et exempte de maintenance, contre les dangers des radiations ionisantes. (UMTRAP = Uranium Mill Tailings Remedial Action Project).
Ces bunkers et silos ont été recouverts de barrières multiples ayant pour double objectif la captation du gaz radon et la prévention des infiltrations d'eau.
Schéma de principe de la couverture "multicouches" d'une mise en dépôt en surface.
Le programme de contrôle qui est mené depuis lors et qui fait l'objet de rapports à l'autorité compétente montre aujourd'hui encore que ces objectifs ont été réalisés.
En exécution des modalités du permis d'exploitation, une étude est encore réalisée actuellement pour déterminer les mesures de gestion à long terme.
Cette étude sera, en même temps que l'avis de l'ONDRAF, transmise à l'autorité responsable des permis d'exploitation.
Pour la pollution résiduelle localisée en dehors de ce "site d'entreposage provisoire", une campagne d'inventorisation sera menée à court terme (SIM = Sanering Intra Muros/Assainissement Intra Muros).
4. RADIOACTIVITÉ DIFFUSE EN DEHORS DU TERRAIN INDUSTRIEL
Après une première étude menée pour le compte des pouvoirs publics dans les années soixante (avec publication d'un rapport en 1973), une nouvelle étude fut réalisée au début des années nonante.
Les résultats, publiés par les pouvoirs publics en avril 1993, étaient (bien entendu) tout à fait identiques à ceux de 1973.
Il y était indiqué qu'il existait certes une pollution diffuse mais ….. (nous citerons ici le début de la conclusion finale) "La réalisation d'une étude d'assainissement devant permettre de dégager un concept d'intervention global pour l'ensemble de la problématique de contamination dans les environs de UMICORE à Sint-Jozef Olen s'impose de toute évidence. Pas parce qu'il y existerait à l'heure actuelle un danger pour la santé publique et l'environnement, il faut être clair sur ce point, mais pour réaliser une amélioration substantielle du confinement des matériaux contaminés par rapport à l'environnement, ce qui permettra aussi de maintenir à l'avenir
l'impact dosimétrique à un niveau très faible pour la population locale."
Cette conclusion reste encore valable aujourd'hui (2001).Un comité d'accompagnement (11 représentants d'institutions publiques + Umicore) a été créé afin de dégager une solution satisfaisante à terme.
Objectif: formuler un avis sur des propositions d'assainissement couvrant tous les aspects partiels mis en lumière par l'étude, en sorte de regrouper tous les matériaux contaminés en un seul et même endroit.
Pour fin novembre 2002, nous attendons des autorités une vision globale concernant la mise en dépôt final des déchets radioactifs contenant du radium, de manière à ce que nous puissions commencer l'élaboration du scénario offrant l'impact radiologique le plus faible. (BRAEM = Berging Radioactief Afval Extra Muros/ Entreposage Déchets Radioactifs Extra Muros).
5. POINTS DE VUE DE UMICORE
Umicore attend des pouvoirs publics un point de vue univoque concernant la mise en dépôt final des déchets radioactifs contenant du radium.
Nous ne souhaitons pas prendre d'engagements s'il n'est pas clair à cent pour cent qu'ils déboucheront sur une solution définitive du problème.
6. TIMING
Le gouvernement a, en la personne du ministre Duquesne, promis qu'il ferait connaître sa vision globale fin novembre 2001.
Pour fin mars 2002, un consensus doit ensuite être dégagé quant au projet d'assainissement et à l'approche retenue.
C'est après seulement que l'on pourra entamer l'élaboration du projet de base et la préparation des demandes de permis nécessaires (rapport MER - dossier introductif - permis de bâtir). Une modification du Plan régional s'avère également indispensable au vu du scénario d'assainissement actuellement envisagé.
(Nous estimons cette période à 3 - 4 ans).Dès que le permis aura été octroyé, on pourra alors démarrer l'étude technique détaillée, suivie à son tour des appels d'offres, des soumissions et des passations de commande. Ce qui devrait certainement demander une année.
Viendra alors l'exécution proprement dite du projet d'assainissement. (1 à 2 ans).
Ce qui fait que le transfert du "dépôt final" finalisé ne pourra probablement avoir lieu qu'en 2009.
7. BUDGET
Bien que le coût de revient constitue invariablement une des données les plus importantes pour la réalisation de tout projet, force est de reconnaître qu'à l'heure actuelle, cet aspect n'a pas encore été abordé.
Dans le cadre de ce projet, il est en effet indispensable de disposer de suffisamment d'informations détaillées, non seulement pour ce qui est du détail du nouveau site de dépôt à créer et de l'assainissement des terrains contaminés, mais surtout au niveau des "conditions de travail et des contrôles nécessaires".
Tant il est vrai que cet élément conditionnera dans une large mesure la durée des travaux et les coûts de main-d'œuvre (facteur 2, facteur 3 ??).Aussi longtemps que ces informations ne seront pas connues, nous ne souhaitons donc pas nous prononcer à ce sujet.

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